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Date : 23 octobre 2026

Tampons utiles, touristiques et spirituels au Japon

En préparant notre premier voyage au Japon, j’ai pris connaissance de l’existence et l’importance des tampons touristiques ou eki stamps au Japon. Ce sont des tampons que l’on trouve dans de nombreux endroits touristiques et qui se collectionnent comme autant de souvenirs uniques et gratuits ! Au-delà du souvenir, les tampons sont un véritable art au Japon, et nous en avons appris beaucoup sur les différentes traditions japonaises autour des tampons et sceaux. Entre les hanko, les goshuin et les eki stamps, on découvre trois traditions qui ont une utilité et une réalité bien distinctes.

Le tampon, un art et une nécessité pour la communication

Les hanko : quand un tampon remplace une signature


Commençons par les hanko, ces petits tampons qui font partie du quotidien japonais depuis des siècles. En Occident, nous avons l’habitude de signer les documents à la main. Au Japon, le sceau personnel a longtemps joué un rôle comparable, notamment pour officialiser des documents administratifs, et c’est toujours le cas aujourd’hui notamment pour les contrats les plus importants comme un crédit ou des opérations bancaires.

Un hanko est généralement gravé avec le nom de son propriétaire, souvent en caractères japonais. Il prend la forme d’un petit cylindre que l’on tient dans la main, et son empreinte est traditionnellement rouge.

Mais depuis quand les Japonais utilisent-ils ces petits objets ?

Il faut remonter très loin : en 57 après J.-C., un souverain de l’État de Na, situé dans l’archipel japonais, aurait reçu un sceau d’or de l’empereur chinois de la dynastie Han. Cet objet historique, découvert en 1784 sur l’île de Shikanoshima, est connu sous le nom de sceau d’or de Na. Il constitue l’un des témoignages les plus anciens de l’utilisation de sceaux dans les relations politiques avec le Japon.

Pendant la période féodale, les seigneurs et les samouraïs utilisent eux aussi des sceaux pour authentifier leurs documents, comme on a pu le voir dans les collections des différents châteaux que l’on a visité. Puis, à partir de l’ère Meiji (1868-1912), leur usage se généralise auprès de la population.

Aujourd’hui encore, les hanko restent employés au Japon, même si certaines démarches se sont progressivement dématérialisées. Ils ne sont donc pas simplement de jolis objets traditionnels : ils ont une véritable fonction dans la vie quotidienne.

Et si vous en achetez un comme souvenir, vous pourrez même choisir un modèle gravé à votre nom traduit en japonais !

Une petite précision de vocabulaire s’impose : les termes hanko et inkan sont souvent employés comme des synonymes, mais inkan désigne plus précisément l’empreinte laissée par le sceau. Dans la pratique, les deux mots sont couramment utilisés pour parler du tampon lui-même.


Schéma présentant un hanko et son inkan
Le hanko est le tampon, le inkan est l’empreinte

2 panneaux et plusieurs exemples de tampons en bois en plastique ou en jade
Panneau d’information sur les différents tampons au Kyoto museum of crafts and design

Eki stamps et Goshuin stamps, ceux que l’on peut collectionner

Aujourd’hui, il existe deux types de tampons que l’on trouve couramment au Japon en tant que touriste : voici les quelques informations nécessaires pour ne pas confondre les eki stamps et les goshuin.

Les goshuin : des empreintes qui racontent un pèlerinage


Les goshuin sont les « tampons » dessinés à la main qui sont achetables dans chaque temple (ou presque), ancienne marque de pèlerinage. Ils sont magnifiques, et sont un véritable art japonais. Contrairement aux tampons que l’on peut appliquer soi-même, les goshuin sont généralement composés de sceaux et de calligraphies réalisés par une personne du temple. Ils indiquent notamment le nom du lieu visité et la date de la visite.

Chaque sanctuaire possède ses propres motifs et sa propre composition, ce qui rend chaque empreinte différente.

Cette tradition est liée aux pèlerinages bouddhistes et à la pratique consistant à remettre des copies de sutras, c’est-à-dire des textes sacrés, aux temples. Les empreintes étaient alors associées à cette démarche religieuse et servaient de preuve de l’offrande ou de la remise des textes.

Ils doivent être faits uniquement dans un carnet spécial, réservé aux goshuin car ils ont quelque chose de sacré. On visite d’abord le lieu, on prend le temps de se recueillir si l’on souhaite participer à la démarche spirituelle, puis on se renseigne sur les modalités de remise du goshuin. Toujours payants, souvent une offrande de quelques centaines de yens, c’est une façon aussi de soutenir les temples en repartant avec un beau souvenir. Nous n’avons pas récolté ceux-ci lors de notre voyage, donc je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, à part que nous avons vu une queue pour les goshuin à chaque temple que nous avons visité !

De rares temples ont aussi un eki stamp, il est alors précisément indiqué et vous pouvez le recueillir dans votre carnet habituel.

Les eki stamps : le Japon au fil des rails


Créés dans le Japon de l’après-guerre, les eki stamps, littéralement « tampons de gare » apparaissent dans les années 1950 comme un moyen simple et ludique d’encourager les voyageurs à découvrir le réseau ferroviaire du pays. Ces tampons encreurs gratuits permettent aux passagers de marquer leur passage, chaque station proposant un visuel unique inspiré de son environnement : monuments locaux, paysages emblématiques, spécialités régionales ou éléments de folklore. À l’origine pensés pour les enfants et les excursions scolaires, les eki stamps sont rapidement devenus un véritable phénomène culturel, attirant collectionneurs et passionnés de train de tous âges.


3 lignes de tampons bleu rouge vert japonais
Exemples de eki stamps

Rechercher des eki stamps, une quête à part entière

Dès que j’ai appris l’existence de ces tampons, j’ai rejoint un groupe Facebook « Japan Stamp Rally Community » dans lequel de nombreux passionnés partagent leurs trouvailles. C’est ce groupe qui m’a donné envie, et c’est dans ce groupe que j’ai trouvé aussi de nombreuses localisations de stamps dans les villes sur notre itinéraire (toutes screenshotées, pas toutes trouvées pendant le voyage). Régulièrement, des personnes demandent les tampons que l’on peut trouver dans telle ou telle localisation et les membres du groupe y répondent toujours avec bienveillance.

Dans les moyens modernes, il existe aussi une application « Stamp Quest » qui est celle recommandée par tous les fans car elle montre précisément l’endroit des tampons. Je l’ai téléchargée mais je ne l’ai pas autant utilisée que je pensais car elle ne fonctionne pas en « autour de vous » mais seulement avec la recherche de noms d’endroits et l’indication de l’existence ou non d’un tampon (ou alors je ne l’ai pas bien utilisée…). Je n’ai donc pas été convaincue par ce moyen de « triche » et j’ai préféré faire la recherche dans la vraie vie !


Tampon rouge de la Sanyo-Himeli station
Un classique tampon de gare très bien appliqué

Il faut savoir que les tampons sont souvent à l’entrée ou à la sortie de l’établissement. Dans toutes les gares JR il y a un tampon, généralement après les portiques (côté trains) sur le côté. Il est possible de rentrer par les portiques en passant sa carte de transport et de ressortir gratuitement après avoir pris le tampon. Si vous ne le voyez pas, il ne faut pas hésiter à demander au bureau Information. En effet dans quelques gares le stamp est dans le bureau, sinon ils vous diront précisément où il est (voire vous y emmèneront). J’étais un peu hésitante au début, ayant peur de déranger, mais ils sont tellement contents de vous répondre et de vous donner le tampon et on devient tellement « accro » aux stamps que ça devient facile au cours du voyage !

Dans la plupart des lieux touristiques ils ont un ou plusieurs tampons, souvent vers la sortie après la visite.

Une autre « source » de tampons sont les rallyes, ces parcours au cours desquels il faut récupérer plusieurs tampons dans différents lieux pour compléter une collection. Certaines opérations sont organisées autour d’un territoire, d’un événement ou même de personnages de mangas et de jeux vidéo. Généralement l’affichage est clair que l’on est sur un évènement temporaire et une feuille spéciale est donnée pour récolter les tampons, contenant généralement un plan des différents endroits à visiter, c’est une excellente excuse pour explorer des endroits que l’on n’aurait peut-être pas visités autrement ! À la fin, une récompense peut être obtenue, en fonction des rallyes. C’est très sympa mais attention à vérifier que vous aurez le temps de finir car commencer sans finir peut être frustrant !

Au fur et à mesure, on devient de plus en plus vifs sur le repérage et sur le fait de deviner si il va y avoir un tampon ou pas. On peut toujours avoir des bonnes surprises (la toute petite boutique souvenirs en haut du mont Misen à Miyajima avec un tampon à la date du jour et un monsieur d’une gentillesse extrême), et parfois quelques déceptions (quand le bureau du tampon est fermé par exemple…).


Une belle façon de découvrir la culture japonaise


Par définition, les tampons mettent en avant les éléments touristiques environnant. Si certains sont évidents et attendus (les tampons avec des cerfs à Nara par exemple), d’autres sont plus étonnants comme le tampon rempli de darumas que nous avons eu à la station Emmachi à Kyoto, qui nous a amené à rechercher les temples autour de nous et à trouver et visiter effectivement un temple empli de darumas ! Ce genre de détour fait partie de la magie des stamps (et d’avoir un itinéraire pas trop chargé comme nous vous l’avons conseillé dans notre article précédent) !

Une autre facette des tampons est l’omniprésence des mascottes, ces petits personnages animaux humanisés, très représentés dans la culture japonaise. Ce sont toujours des personnages amusants et on se creuse parfois les méninges pour comprendre pourquoi ils sont devenus la mascotte de tel ou tel endroit !

Nos tampons préférés

Voici quelques photos de nos tampons préférés récoltés pendant notre voyage :




2 tampons format portait Akamine Station et Naha Airport
Les tampons de la ligne de monorail à Naha, Okinawa, magnifiques !
Tampon de l'Hakone Ropeway bleu gare Sounzan
Les différents moyens de transport ont tous des tampons, certains plusieurs comme ce télécabine !

Tampon du World Heritage Himeji Castle avec la citation "Himeji c'est pas une ville, c'est une vibe."
Himeji, la ville que j’ai préférée et avec un beau tampon vert fleuri.
Tampon de l'aéroport Haneda à Tokyo
Derniers tampons à l’aéroport en partant, et c’était un vrai rallye de tous les trouver avant l’heure de l’embarquement !

Tampon de Miyajima-guchi station
Ce tampon est devenu bicolore entre bleu et rouge suite à un changement d’encrier, un magnifique mélange !


Cette « tradition » a vraiment été un super élément de notre voyage au Japon. J’ai profité du carnet des tampons pour écrire mes souvenirs du voyage, et plus largement la recherche de ces tampons a été une vraie aventure dans la grande aventure ! Oui nous avons fait des détours par des gares pour aller chercher le stamp, oui nous sommes allés jusqu’à l’accueil dans certains endroits « juste pour le stamp » et oui, notre visage s’est illuminé à chaque fois qu’on en a repéré un ! Je vous conseille fortement de prendre un carnet en partant et de commencer à les recueillir, vous ne pourrez plus vous arrêter !

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